Jean Ganhaire, médecin et écrivain

Evelyne Faïsse

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Evelyne Faïsse, « Jean Ganhaire, médecin et écrivain », Plumas [En ligne], 6 | 2025, mis en ligne le 22 mars 2025, consulté le 04 avril 2025. URL : https://plumas.occitanica.eu/1912

L'écrivain limousin Joan Ganhaire écrit et publie depuis un demi-siècle des nouvelles et des romans dans lesquels les médecins, la médecine et les malades jouent un rôle important et singulier. Cet article s'intéresse à l'influence de son parcours et de son expérience de médecin dans son œuvre littéraire en s'appuyant sur quelques œuvres particulièrement représentatives de cette thématique.

L'escrivan lemosin Joan Ganhaire escriu e publica dempuèi mièg-sègle de novèlas e de romans ont los medecins, la medecina e los malauts jògan un ròtle important e singular. Aquest article s'interessa a l'influéncia de son percors e de son experiéncia de mètge dins son òbra literària en s'apiejant sus qualques òbras particularament representativas d'aquesta tematica.

For half a century, Limousin writer Joan Ganhaire has been writing and publishing short stories and novels in which doctors, medicine and the sick play an important and singular role. This article looks at the influence of his background and experience as a doctor on his literary work, drawing on a few works that are particularly representative of this theme.

Cet article doit beaucoup à Fabienne Garnerin, pour sa thèse publiée en 2022 par les Presses universitaires de la Méditerranée, sous le titre Joan Ganhaire, Entre rire et désespoir, un regard occitan sur l'humaine condition, et à des notes préparatoires pour une conférence dans le cadre des Journées d’Études doctorales des 12 et 13 octobre 2018, Pratiques et représentations du savoir et du savant dans les sociétés des Suds, Université Paul Valéry Montpellier 3.

« Tous les secrets d'une âme d'écrivain, toutes les expériences de sa vie, toutes les qualités de son esprit éclatent dans ses œuvres ». Virginia Woolf, Orlando

Depuis ses premières entreprises littéraires (Lo Libre dau Reirlutz, 1979), jusqu'au dernier opus publié à ce jour (Lo pacient espanhòu, 2024), toute l'œuvre de Joan Ganhaire est imprégnée par sa profession de médecin, l'autre part importante de sa vie. Non seulement ses connaissances scientifiques et sa pratique professionnelle lui fournissent des bases solides pour analyser et décrire les cas qui relèvent directement de la médecine – et il s'en trouve en abondance dans les romans policiers qui fonctionnent souvent à partir d'un meurtre – mais cette approche particulière apparaît également dans nombre de nouvelles et de romans où les personnages présentent diverses pathologies physiques ou mentales.

Les textes précurseurs

Longtemps Joan Ganhaire a mené de front deux activités1, la médecine et l'écriture, trois même avec l'action politique locale, toutes reliées par la langue occitane. En effet, il a appris le limousin au début de sa carrière pour communiquer avec ses patients peu familiers du français. Et en tant que médecin de campagne, il a été amené à soigner des malades de tous les niveaux sociaux dans des situations très variées. Ce qu'il a vu et vécu à leur côté est très présent dans son œuvre écrite, parfois ouvertement, mais souvent en arrière-plan ou en filigrane.

Dès 1970, il avait publié dans sept numéros de la revue périgourdine Novelum (1970-1977) des articles tels que Lo vocabulari popular de l’òme e de la malaudiá, Coma la gent se sonhava autres cops (e se sonhan enquera) dins lo país de Bordelha, ou encore Los remedis populars dins lo ranvers de Bordelha. L’intérêt marqué pour ces médecines populaires et le lien étroit avec le parler limousin sont déjà établis, à parité. Pratiqué au quotidien par le médecin de campagne avec ses patients, le limousin est la langue obligée des enquêtes de terrain et du collectage d’informations, car elle est de connivence avec des connaissances anciennes et des pratiques plus ou moins occultées ou délaissées. Ces recherches ont pu servir de documents de base pour l’écriture des textes de fiction postérieurs, en tout cas elles ont constitué un terreau favorable à l'éclosion des écrits ultérieurs.

En effet, à partir de 1977, les premiers textes littéraires de Joan Ganhaire sont publiés dans les revues Lo Leberaubre et Òc-Ségur (1977-1978), puis dans le bulletin intercommunal Ventador (1978-1983), et ensuite dans la revue Paraulas de Novelum. Certains de ces textes qui constituent le cycle de Chantagreu ont été rassemblés en 1995, puis en 2016 et 2024, sous le titre de Cronicas de Vent-l'i-Bufa, en deux volumes.

L’année 1979 marque le début des publications en volumes, avec le recueil Lo Libre dau Reirlutz qui rassemble neuf nouvelles, certaines déjà publiées en revue, par l’IEO, ce qui permet une diffusion à la fois plus large et plus ciblée, et une approche plus littéraire de la critique. Joan Ganhaire continue à écrire des nouvelles pour des revues, dont certaines sont rassemblées en recueils, et il se lance dans le roman à partir de 1987 : deux romans de cape et d'épée qui forment un diptyque (Lo Darrièr daus Lobaterras, 1987, et Dau vent dins las plumas, 1992), un roman historique et fantastique (Las islas jos lo sang, 2006) et une douzaine de romans policiers où apparaissent diverses figures de médecins.

En 2004 paraît le premier roman policier d’une longue série, Sorne trasluc, construit autour du personnage du commissaire Darnaudguilhem.

Le monde médical est très présent dans l’œuvre, et s'étend aux infirmières, auxiliaires des médecins, plutôt présentées positivement comme plus accessibles, plus proches des malades (Perdilhòta), et aux établissements de santé (cliniques, hôpitaux). Les figures de médecin sont nombreuses, parfois en tant que narrateur (Lo sendareu daus genebres, 1979), quelquefois comme figurants, tels le docteur Boutinaud (1987, 1992) et le docteur Chaminot dans le cycle des Chantagreu (Perdilhòta, 2013), qui n'y apparaissent guère que dans l'exercice de leur métier, et souvent comme personnages, principaux ou secondaires. Certains ont une véritable personnalité,tel le médecin légiste Maldelbòsc, ami et « double » du commissaire Darnaudguilhem, dans les romans policiers, et occasionnellement des spécialistes dont les caractéristiques sont développées en fonction de leur rôle dans le récit.

Les différents types de médecins ne sont pas considérés de la même manière. Il y a loin du médecin de campagne au médecin légiste, de l'étudiant en médecine au professeur, du chirurgien au psychiatre… La médecine alternative est représentée par divers guérisseurs ou rebouteux, mais surtout par l'inspecteur de police malien Diagana Traoré, l'initié qui obéit à une éthique rigoureuse : il perdra ses pouvoirs s'il ne respecte pas des principes stricts (ne pas accepter d'argent, entre autres). Cependant l'intègre Traoré lui-même est amené à jouer une scène fictive de captation des esprits pour convaincre les autorités, certes dans le but louable de faire éclater la vérité (Vent de sabla, 2020). Chez J. Ganhaire l'humour n'est jamais loin, même là où on ne l'attend pas.

Les expériences fondatrices

Quoiqu'il ne soit pas nécessaire d'être médecin pour raconter des histoires qui se déroulent dans le milieu médical, ou pour décrire les symptômes des maladies, un écrivain qui a un vécu de médecin peut donner au récit une profondeur et un accent d'authenticité particulièrement saisissants, notamment dans le récit de certaines expériences fondatrices.

C'est le cas dès le premier recueil, La pòrta dau Reirlutz (1979), où la nouvelle Chambra trenta dos décrit la dureté et l'inhumanité des études de médecine, poussées jusqu'à l'absurdité. La carrière débute nécessairement par de longues et difficiles études, ponctuées par des épreuves destinées à éprouver le courage des étudiants et à développer leur insensibilité, selon une théorie pédagogique douteuse. Une ultime épreuve est imposée à une trentaine d'étudiants, afin de leur faire connaître la peur de la mort : après l'injection d'un certain produit, on leur dit que l'un d'eux, au hasard, va mourir. Ils sont libérés l'un après l'autre, tandis que la tension monte pour ceux qui restent. Le narrateur et son ami, malades, demeurent enfermés dans la chambre trente-deux ; ils s'observent, chacun espérant et redoutant la mort de l'autre, et finissent par sombrer dans la folie et la mort (meurtre et suicide). Pour rien : ce n'était qu'un exercice infligé par un professeur sadique….

La nouvelle Lo Viatge aquitan (2000) présente un autre aspect difficile de ces études. L'épisode de la recherche du corps de Juli à la morgue évoque des pratiques que l'auteur a certainement connues, qui consistaient à recueillir illégalement et à conserver des morts anonymes destinés aux exercices de dissection des étudiants. Le sommet de l'horreur est atteint quand Joan (le narrateur) doit fouiller les bassins avec une perche pour en sortir son ami mort – épreuve traumatisante qui laisse des traces ineffaçables, physiques comme morales.

À l'inhumanité de ces pratiques s'opposent le courage et l'abnégation dont fait preuve le narrateur, qui parle devant sa tombe de son ami, une fois accompli le terrible voyage qui l'a ramené près de Bordeaux, dans sa dernière demeure. Les valeurs morales des clochards apparaissent bien supérieures à celles des cyniques professeurs de médecine qui tolèrent ces trafics de cadavres.

Ces deux nouvelles mettent à mal les personnages de médecins, surtout les professeurs de médecine. Ces médecins apparaissent comme des initiés qui ont subi et réussi des épreuves difficiles, aux limites de leur science, et qui de ce fait s’octroient des droits et des libertés abusifs. Les personnages de médecins de famille présents dans de nombreux textes modèrent cette image calamiteuse.

Les médecins et le monde médical dans les textes brefs

Dans le même recueil, la nouvelle Lo sendareu daus ginebres (2000) met un jeune médecin au premier plan, comme narrateur qui se remémore des évènements douloureux et comme personnage de l'histoire qu'il raconte après la mort des autres protagonistes, une grand-mère et son petit-fils, jeune homme malade qui s'était épris de lui et qui s'est suicidé.

Les médecins de campagne peuvent (ou plutôt pouvaient) être appelés à toute heure du jour et de la nuit pour soigner leurs patients. C'est le cas du docteur Chaminot dans Los braves jorns de Perdilhòta (2013), qui sera présent quotidiennement pour surveiller la vieille Zelia qui a eu une "attaque". Ses gestes d'auscultation sont décrits avec précision, du point de vue du fils, Massime, qui l'observe avec inquiétude. Les interventions des infirmières sont également commentées avec humour. Ici, le médecin est une figure familière et rassurante, de même que les infirmières. Le docteur Chaminot est un personnage récurrent, qui apparaît dans plusieurs nouvelles du cycle de Chantagreu. On lui fait confiance, mais on peut aussi faire appel aux rebouteux et guérisseurs, plus ou moins compétents.

Dans Lo pestor e lo nenet [Le boulanger et le bébé, 2013), un médecin est appelé après la dramatique naissance d'un nouveau-né retrouvé dehors par une nuit d'hiver par l'apprenti boulanger, alors que se déroule une fête à laquelle participent plusieurs jeunes filles. Le bébé est réchauffé près du four. Devant l'incompréhension des assistants, le médecin explique le phénomène troublant du déni de grossesse, qui est en cause ici.

Il arrive que le médecin soit absent de l'histoire, et c'est alors le malade qui occupe la scène, toute la scène. Dans Lo darrier cebier (2013), la Joana est victime d'une crise cardiaque, elle le comprend à la douleur terrible et aux malaises qui la saisissent, mais n'en décide pas moins de cuisiner son dernier civet, un civet d'exception pour les voisins qui viendront la veiller, et elle va jusqu'à inscrire ses dernières instructions sur la poutre de la cheminée. Le médecin n'intervient pas, la parole est à la malade. Toute l'histoire est centrée sur la Joana, sa crise cardiaque et son obsession, la réussite du civet. Ses sensations et les symptômes de sa pathologie sont décrits précisément, dans les termes qu'utiliserait le patient. Mais le seul médecin ici, c'est l'auteur.

Les médecins et le monde médical dans les romans policiers

- Le monde médical est au cœur du roman policier Vautres que m'avètz tuada (2013). Dans la petite ville de Maraval, deux médecins sont abattus de deux balles à bout portant, le même jour, tandis qu'une femme inconnue est tuée par arme de poing. L'enquête du commissaire Darnaudguilhem et de ses inspecteurs révèle les pratiques odieuses de certains médecins. Plusieurs spécialistes apparaissent : un chirurgien, des généralistes, un anatomopatologiste2, et le personnage récurrent du médecin légiste Maldelbòsc, et aussi des malades, dont les pathologies sont plus ou moins détaillées selon les nécessités de l'histoire, et du point de vue soit des patients eux-mêmes, soit du narrateur. Le roman montre l'envers du décor, et les déviances possibles avec un médecin foncièrement véreux, et d'autres qui ont trahi occasionnellement (mais dramatiquement) le serment d'Hippocrate.

- Les romans policiers abondent en cas pathologiques, mais le personnage de Gaëtan Caüsac daus Ombradors sort du lot. Brillant commissaire réformé pour raison de santé et reconverti en détective privé, il est accablé de maux, de tics et de manies qui nécessitent des soins constants. Doté d'une personnalité extravagante, il est la caricature du malade difficile, autour duquel gravitent plusieurs auxiliaires dévoués et hauts en couleurs qui agissent à sa place. Il apparaît dans les dix Enquestas de pas creire de Gaëtan Caüsac (2021), dans Rendètz-vos al cementèri (2022), menant une enquête secrète parallèle à celle du commissaire officiel Darnaudguilhem, et n'est plus qu'une ombre dans Meschant temps Maraval ! (2024), terrassé par un AVC mais toujours soigné par son équipe.

-Dans la série des Darnaudguilhem, émerge le personnage récurrent du médecin légiste Maldelbòsc, ami du commissaire et presque son double. Tous deux sont accablés de multiples problèmes existentiels, physiques, familiaux. D'ailleurs presque tous les membres de l'équipe du commissaire sont atteints de diverses pathologies, avec lesquelles ils doivent composer, tel Ange Le Goff, schizophrène tiraillé par sa double origine bretonne et corse révélée par son nom et son prénom. Le commissaire lui-même tombe en dépression. La plupart des personnages sont des accidentés de la vie, pas seulement les criminels, les enquêteurs aussi – sur ce point, il en est dans les romans de Ganhaire comme dans la vie réelle. Car les enquêtes s'inscrivent dans la réalité de la société contemporaine, comme le dit Joan Ganhaire lui-même à propos de Svedije (2016) :

Les enquêtes s'inspirent de la réalité que j'ai pu approcher dans mon métier de médecin ou mes engagements politiques. Cette fois, je me suis inspiré d'affaires d'immigration qui ont défrayé la chronique il y a quelques années et au cours desquelles j'ai pu observer la méchanceté et les mauvais traitements.

Au fil du temps, malades et médecins semblent être de plus en plus présents dans les romans de Joan Ganhaire. En 2024, dans Meschant temps Maraval ! les enquêteurs du commissaire Darnaudguilhem recherchent un malade mental obsédé par l'hygiène jusqu'à commettre plusieurs meurtres punitifs. Le commissaire soumet le cas au psychiatre qui l'a soigné précédemment, qui perçoit son épuisement et il va le reprendre en charge, alors qu'il sombre à nouveau dans une profonde dépression, sans perspectives de retour aux affaires.

Par son entrée in medias res, la nouvelle intitulée Relèva (titre qui laisse tout imaginer), publiée en 2022 dans la revue Lo Gai Saber, plonge le lecteur directement dans l'horreur, par l'appel téléphonique de l'employé de la morgue Salaberi aux familles des morts, à qui il propose un arrangement (moyennant finances) pour éviter une autopsie, soi-disant prévue le jour même. Son après-midi est très chargé, entre l'accueil des familles qui viennent chercher les corps, les autopsies imaginaires, les vraies autopsies effectuées par plusieurs médecins exigeants et ombrageux qui se succèdent dans les salles, tout cela en surveillant son adjoint Bordasola qui vise le poste… La conversation terminée, le lecteur suit le flux des pensées de Salaberi, de plus en plus rapide et haché, coupé par le monologue intérieur de Bordasola, le perfide adjoint. Surmené, Salaberi lui-même est victime d'un malaise fatal, et sur-le-champ Bordasola prend la relève en proposant à l'épouse effondrée d'éviter l'autopsie prévue… Aucun narrateur n'intervient, le récit n'avance que par le monologue au téléphone et le découlement continu des pensées des deux personnages principaux, Salaberi le Basque et Bordasola le Gascon, qui ont mis sur pied cet odieux chantage, dont les médecins n'ignorent rien.

Le médecin au cœur du roman

Mais le roman qui place la médecine au cœur, le roman majeur, c'est Lo pacient espanhòu. Paru en 2024, il s'articule autour de la mort du peintre espagnol Francisco de Goya en 1828 à Bordeaux, et des étranges évènements qui s'en sont ensuivis, sur plusieurs générations de médecins.

Par la voix de son médecin Deodat Passalaiga, auteur d'un journal manuscrit retrouvé en 1980 par un étudiant en médecine, le roman raconte la maladie et la mort de Goya, et la mystérieuse disparition de la tête du grand peintre, qui n'était pas dans son cercueil et qui n'a jamais été retrouvée. À partir d'éléments réels, l'auteur imagine un scénario qui explique cette disparition. L'écrivain-médecin est ici à son affaire, Passalaiga notant minutieusement toutes ses observations, décrivant les symptômes de la maladie, ses auscultations, les médications proposées, les résultats obtenus, dans le style et avec le vocabulaire de l'époque (les recherches effectuées par Ganhaire dans les années 1970 sur la médecine populaire ont pu être utiles). Parallèlement, l'intrigue se développe autour d'un livre précieux et maléfique représentant les Caprichos, série de quatre-vingt gravures satiriques et fantastiques réalisées par Goya après la terrible maladie qui l'a affecté en 1792. Ces dessins fascinent Passalaiga jusqu'à l'obsession, au point qu'il les reproduit lui-même, et finit par en perdre la raison. Mené par cinq narrateurs homodiégétiques successifs, dont quatre médecins, le roman suit les tribulations du livre et de ses copies, qui se transmettent de médecin en médecin. Les médecins sont donc en première ligne, et de thérapeutes ils deviennent malades et victimes. Dans ce roman qui lui a demandé un an de recherches, Joan Ganhaire donne libre cours à son goût pour la médecine et en parle à livre ouvert, en prêtant la parole à plusieurs médecins et en se dévoilant comme le dernier destinataire du précieux et pernicieux carnet de dessins.

Lo pacient espanhòu apparaît donc comme une sorte d'aboutissement dans la longue démarche menée depuis plus d'un demi-siècle, et qui voit aujourd'hui converger le médecin et l'écrivain dans une œuvre virtuose et profonde.

Conclusion

La médecine n'est pas seulement un sujet récurrent dans l'œuvre de Joan Ganhaire. C'est un thème transversal, qui recouvre des thématiques multiples abordées sous différents angles et imprègne un grand nombre de textes, comme une source qui irrigue toute l'œuvre. L'écrivain pose un regard pénétrant, souvent compatissant et parfois ironique sur ses personnages, hommes et femmes, comme autant de patients virtuels à l'image des fragiles et faillibles humains rencontrés au hasard d'une vie professionnelle active et utile.

1 Joan Ganhaire a pris sa retraite en 2003.

2 Médecin spécialiste qui examine au microscope des cellules et des tissus prélevés sur le patient.

Garnerin, Fabienne, Joan Ganhaire, entre rire et désespoir, un regard occitan sur l'humaine condition, Pulm, 2022

Œuvres de Joan Ganhaire

Romans et recueils de nouvelles

Lo Libre dau Reirlutz, novèlas, IEO Novelum, Atots 50, 1979

Lo Viatge aquitan, novèlas, IEO Castres, Atots 144, 2000

Los braves jorns de Perdilhòta, Meuzac, Chamin de Sent Jaume, 2011

Çò-ditz la Pès-Nuts, Novelum-IEO Perigòrd, 2013

Cronicas de Vent-l'i-Bufa 1, Novelum-IEO Perigòrd, 2016

Cronicas de Vent-l'i-Bufa 2, Novelum-IEO Perigòrd, 2024

Lo pacient espanhòu, roman, Novelum-IEO Perigòrd, 2024

Nouvelles et romans policiers

Sorne trasluc, Crimis, IEO Novelum, ATots 16, 2004

Las tòrnas de Giraudon, Crimis, IEO Novelum, ATots 190, 2010

Vautres que m'avètz tuada, Crimis, IEO Novelum, ATots 193, 2013

Chamin de Copagòrja, Crimis, IEO Novelum, ATots 200, 2015

Sevdije, Crimis, IEO Novelum, ATots 207, 2016

Un tant doç fogier,Crimis IEO Novelum, ATots 210 2017

La mòrt vai mai regde que lo vent, Crimis IEO Novelum, ATots, 2018

Vent de sable, Crimis IEO Novelum, ATots 224, 2020

Enquèstas de pas creire, Novelas, Novelum IEO Perigòrd, 2021

Rendetz-vos au cementeri, Crimis, IEO Novelum, ATots 231, 2022

Enquestas a la lesta, Novelas policièras, IEO, ATots 237, 2023

Meschant temps Maraval !, Crimis, Novelum-IEO, ATots 244, 2024

Autres romans

Lo darrièr daus Lobaterras, IEO Atots 102, 1987 Roman de cape et d'épée

Dau vent dins las plumas, IEO Atots 113, 1992 Suite

Las islas jos lo sang, IEO Atots 175, 2006 Roman historique et fantastique

1 Joan Ganhaire a pris sa retraite en 2003.

2 Médecin spécialiste qui examine au microscope des cellules et des tissus prélevés sur le patient.