Écrire dans l’histoire, écrire l’histoire

Revirada(s):
Escriure dins l’istòria, escriure l’istòria

Aussi dispersée soit-elle dans l’espace, la littérature d’oc se conçoit et se comprend en grands moments d’histoire commune où prennent sens les histoires locales ainsi que les perspectives d’histoire portées par la langue dans sa vérité historique.

S’il y a, dans la littérature d’oc, des auteurs, des genres ou écoles plus engagés que d’autres dans une écriture de l’histoire, il nous paraît que cette dimension d’histoire relève généralement de l’activité d’écriture elle-même, dans toutes les situations linguistiques, historiquement différentes du Moyen Âge à nos jours. C’est dire que le sujet proposé par Plumas pour le ou les prochains numéros est largement ouvert et inspirant.

Nous précisons qu’en fonction des propositions reçues, nous espérons pouvoir publier au moins deux numéros, selon une cohérence de genre littéraire ou de période historique.

La problématique n’est pas nouvelle, certes, et ne manque pas de se poser à chacun dans sa réflexion de critique littéraire. Il nous semble bon, toutefois, de suggérer, pour ce projet éditorial, quelques pistes de réflexion qui ne sont pas exclusives et en suggèreront d’ autres.

Écrire dans l’histoire…

Cela peut s’entendre de plus d’une situation. Que le sujet soit par exemple biographiquement impliqué dans l’histoire de son temps, le plus souvent la guerre, de Bertran de Born a Pey de Garros, Isaac Despuech o Bellaud… Qu’il le soit dans la totalité de son œuvre ou dans telle œuvre particulière à tel moment précis, poème ou recueil écrit à chaud en réaction à l’événement, comme c’est le cas chez Jasmin ou Gelu, chez Camproux, Max Allier ou Serge Bec…Qu’un vécu historique motive une entrée en écriture avec Vida de Joan Larsinhac ou encore Accidents de Manciet… Que plus largement une conscience collective d’histoire inspire l’éclosion d’un nouveau genre, le théâtre ou la chanson dans les années 1968, ou qu’elle souffle de grandes constructions poétiques… Plus prosaïquement, toute une tradition romanesque ou théâtrale de notre littérature que l’on peut appeler régionaliste, de Mouly, Boussac, Émile Barthe ou Calelhon, se révèle sociologiquement pétrie d’histoire.

Écrire l’histoire…

Ce serait plutôt témoigner, reconstituer, exposer des moments forts de l’histoire collective, dans l’épopée, le roman historique ou la poésie politique. Les titres ne manquent pas, de la Cançon de la Crosada à Li Rouge dóu Miejour, de La Quimèra à L’Eròi talhat, et tant d’autres à découvrir ou faire découvrir. Ce serait aussi prendre la mesure du regard porté, rétrospectivement, sur un épisode ou un thème d’histoire comme l’albigéisme, la geste camisarde ou les révoltes et résistances populaires. Là, il faut questionner la forme, les modèles et l’idéologie du discours d’inspiration polémique ou apologétique, dans la chanson, le prêche, le pamphlet ou tout autre texte qui prend dans l’histoire, locale, nationale ou internationale, ses arguments essentiels.

Et fuir l’histoire ?

On sait que le refus d’histoire est historique. Il est fort intéressant, et non moins productif de s’interroger sur la fuite, affichée ou masquée, de l’histoire, dans le localisme, la distraction, l’« arcadisme », le folklore ou le mythe. Intéressant aussi d’étudier, dans la lignée d’une critique existante – qu’il est fort utile de présenter – des parcours d’auteurs avec leurs phases d’investissement ou de désinvestissement dans l’historicité : Mistral de Mirèio à Calendau ou Valère Bernard de Bagatóuni à Esclarmonda par exemple, Antoine Peyrottes de la poésie sentimentale à l’engagement politique.

Calendrier 

  • 15 avril 2026 : soumission des titres et résumés.

  • 15 juin 2026 : soumission des articles.

  • 15 novembre 2026 : publication du premier numéro

Envoi des  propositions de contributions

  • cv.torreilles@numericable.fr et  marie-Jeanne.Verny@univ-montp3.fr : responsables du dossier

  • sylvan.chabaud@univ-montp3.fr : codirecteur de la revue Plumas

Nous prions les contributeurs de respecter les consignes de rédaction telles que rappelées sur le site : https://plumas.occitanica.eu/107