Mastrabelè : notes sur un titre
Mastrabelè, Jorn, 1999, première de couverture
Cet ouvrage paru en 1999 aux éditions Jorn se présente comme une suite poétique en dix-huit tableaux, inspirée par le site de Saint-Blaise, un oppidum situé sur les hauteurs de l’étang de Berre. Le titre, qui peut sembler mystérieux, a pour origine le nom donné par Roland Pécout au site. Notons en préambule que ce dernier vient de faire tout récemment l’objet de publications scientifiques de Jean Chausserie-Laprée, archéologue de la ville de Martigues1. Ce que Roland Pécout pensait être une cité grecque était en réalité une forteresse celtique qui fut aussi le théâtre des premières rencontres entre les Celtes et les navigateurs phocéens. Les traces de maçonnerie grecques, les lettres grecques qui se distinguent encore sur les murs signalant l’emploi par les populations locales de maçons grecs. Ces études et la rencontre avec Jean Chausserie-Laprée m’ont permis de revenir sur les informations que j’avais reçues de Roland Pécout après la parution de l’ouvrage.
Site de Saint Blaise, couverture du livre de Chausserie-Laprée.
Peu importe, au demeurant, la vérité historique. L’auteur n’a jamais caché le caractère de rêverie poétique qu’il a voulu donner à son œuvre2. C’est à partir de ce lieu souvent parcouru pendant son enfance qu’il a composé cet ouvrage daté « 1978 – 1998 », publié après une longue gestation suite à un long travail d’échanges avec Philippe Gardy, un des trois responsables des éditions Jorn, nous confiait ce dernier tout récemment. Ce long poème alterne des passages en vers libre et des passages en prose poétique.
J’ai consacré à Mastrabelè un chapitre de ma thèse de doctorat Enrasigament o nomadisme (Enracinement ou nomadisme), trajectoire d’un écrivain occitan de la fin du XXe siècle, Roland Pécout soutenue en 2002 et éditée en 20043. Je me suis également penchée sur la question de l’écriture bilingue de Roland Pécout dans un article paru la même année4. Dans ces travaux antérieurs, j’ai eu l’occasion de préciser que Roland Pécout revendiquait d’écrire en deux langues et que ses qualités littéraires se révèlent autant dans l’une que dans l’autre. Dans deux de ses recueils édités en bilingue, Poèmas per tutejar [titre français : Poèmes pour / à tutoyer] et Mastrabelè, la lecture comparée des deux versions révèle de nombreuses différences entre elles. Lorsqu’il est interrogé sur le double texte ainsi produit, l’auteur a coutume de dire que la confrontation de ces deux versions en fait naître une troisième qui additionne les connotations – et parfois même les dénotations – de chacun des textes.
À partir d’exemples pris dans Mastrabelè, je tenterai d’étudier quelques-unes des spécificités de ce travail d’écriture en deux langues que l’on ne peut réduire à un processus d’autotraduction. Le Tresor dóu Felibrige5, de Mistral, à ce jour le dictionnaire le plus complet dont les entrées principales correspondent au provençal rhodanien de Roland Pécout sera notre guide principal dans cette recherche.
Un passage significatif
Une observation synthétique d’un extrait rendra plus évident l’effet produit, et voulu par l’auteur, de la confrontation des deux versions éditées côte à côte. Il s’agit d'un passage du texte XVI du poème (p. 65). À l’issue d'un long cheminement à travers les vestiges antiques et paléochrétiens, le poète-marcheur arrive au bout de la colline de Saint-Blaise et découvre, à l’horizon, le paysage industriel de Fos-sur-Mer :
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Version française de l’auteur Une trouée : Terre |
Version occitane Una traucada : Terra, avau |
Traduction littérale MJV Une trouée : Terre, là-bas |

Au loin, Fos-sur-Mer vu depuis l’oppidum de Saint-Blaise (photo. M. Laupies)
La lecture rapide des deux versions ne révèle entre elles aucune différence de tonalité. La description du paysage est construite, dans les deux cas, sur une lecture onirique et réaliste à la fois. C’est de l’observation fine et sensuelle de la réalité matérielle que découle la rêverie et que s’élargit l’imagination. Le jeu sur les deux langues est en revanche observable dans le détail : les deux textes ne sont pas une traduction littérale l’un de l’autre. Pécout exploite tout à tour les possibilités expressives de l’une et l’autre langue. Donnons-en quelques exemples, qui ne rendent compte que d’une petite partie des écarts entre les deux textes :
Vers 3 : le labyrinthe occupe une grande place dans l’imaginaire pécoutien. La traduction littérale en occitan, la plus fréquente chez lui, est « laberint ». En préférant le mot « esmerrador »7, qui n’a pas d’équivalent littéral en français, l’écrivain nous oriente – sans jeu de mots – dans l’ensemble des connotations portées par le terme, en insistant sur l’idée d’égarement, de perte de repères, plutôt que sur le caractère descriptif. Par ailleurs il produit un jeu de sonorités avec le terme « amirador » qui se trouve lui aussi à la rime quelques vers plus loin, terme dont Philippe Martel a analysé la place importante qu’il occupe dans l’œuvre mistralienne8. Cette utilisation d’un terme connoté comme mistralien n’est certes pas un hasard chez Pécout, l’écrivain ayant beaucoup travaillé sur l’œuvre mistralienne, en particulier sur le Pouèmo dóu Rose.
Vers 4 : c’est ici la version occitane qui combine avec le plus d’efficacité le jeu sur le signifiant et le signifié, la proximité paronymique des trois termes pueg / potz / pièch renforce cet accord universel que la poésie pécoutienne recherche continuellement entre le haut et le bas : « pueg » [littéralement « puy », mais Pécout traduit par « colline »] / « potz »), les profondeurs de l’homme (« pièch ») et les profondeurs terrestres (« potz »). L’effet est seulement sémantique dans la version française « la colline le puits le cœur ».
Vers 17 : la version occitane apparaît plus épurée, plus elliptique que la version française qui doit traduire le mot « cossols », lequel désigne effectivement dans la Crau les « steppes infinies de galets et d’herbe ». Cette version française est utile pour traduire à l’attention du lecteur non averti l’impression d'immensité aride que provoque la vision de la Crau où l’on voit « danser la vieille ». Selon le vœu de l’auteur lui-même, les deux versions se conjuguent pour faire naître le sens, ici celui d’une impression d’horizons infinis où se perd le regard.
Ainsi ce passage révèle-t-il diverses modalités d’écart entre la version française et la version occitane :
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Le choix des mots relève de la richesse de leurs connotations plus que de l’exactitude de la traduction ;
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Le jeu sur les signifiants possible dans une version n’est pas toujours possible dans l’autre ;
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Des termes occitans ne peuvent être « traduits » que par une périphrase.
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La conjonction de ces deux versions produit bien un nouveau texte qui naît de leur addition.
Nous allons maintenant proposer quelques exemples des diverses modalités d’écart entre le texte français et le texte occitan.
Le choix des mots
L’occitan provençal de Roland Pécout est d’une grande richesse, quels que soient les thèmes abordés par son œuvre. Hérité d’une double pratique familiale, il naît en pays rhodanien, à Châteaurenard, dans une famille lectrice de l’Armana Prouvençau qui lui a donné l’opportunité de lire Mirèio dans son adolescence ; il séjourne parfois auprès de l’étang de Berre, dans une partie ouvrière de sa famille parlant également la langue. Puis, très jeune, son intérêt pour la littérature d’oc – qui s’élargit très vite à l’ensemble de l’espace occitan – se nourrit de ses rencontres avec des écrivains provençaux comme le Marseillais Jòrgi Reboul ou le rhodanien Charles Galtier et l’œuvre de ces derniers. Sa langue a pu ainsi bénéficier à la fois de ses échanges avec des locuteurs « premiers » et de sa fréquentation assidue de la littérature.
L’exemple du mot « cossols » que nous avons pris en préambule est ainsi significatif du besoin d’utiliser le terme le plus précis possible, exigence révélée par l’ensemble du volume. D’autres exemples peuvent être convoqués, dont nous allons donner un échantillon :
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p. 72 - 73, v. 10-11 : l’emploi du verbe « delargar » dans l’expression « a delargar lei paraulas » rendue en français par « dire les paroles » (p. 72 - 73, v. 10-11). À la monosémie du verbe français « dire », Pécout aurait pu faire correspondre le même terme occitan. Préférer « delargar », c’est choisir la polysémie du terme provençal, dont nous donnerons ici seulement quelques éléments tels que présents dans le TDF : « élargir, lâcher, relâcher, répandre… ». Il ne s’agit pas seulement de « dire », il faut projeter la parole.
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Vòstra lenga, botatz-la dins ma boca |
Votre langue, mettez-la dans ma bouche |
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p. 56-57, v. 12 : « dins lo forfolh dei camins de mar » devient en français « au hasard des chemins de mer ». Le terme « hasard » relève de l’abstraction, alors que le mot « forfolh », y compris par ses sonorités, prend une connotation plus sensuelle. Là aussi, le TDF insiste sur une polysémie « fouillis, pêle-mêle, imbroglio […] cohue », polysémie absente du terme « hasard »
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Dans la même page, v. 18, on peut noter le caractère imagé de l’expression « en cabana » pour traduire des volets « à demi fermés » :
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Lei contravents en cabana |
Les volets à demi fermés |
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En page 44-45, v. 13 : « corcossona lei quartons de la luna » / « elle ronge les quartiers de la lune » : le verbe « corcossona » est rendu par « ronge ». Or le terme occitan est plus précis, puisqu’il renvoie au « corcosson », « l’insecte qui ronge le bois, les fèves, le blé… » (TDF)
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Parfois, il s’agit d’expressions idiomatiques auxquelles il faut trouver un équivalent français, ainsi de ce joli passage, p. 67 (66 -67, v. 19-24) :
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La mar se tracha de degun. |
La mer ne voit personne. |
L’expression « garri-babau » désigne un jeu de renvoi de reflets à l’aide d’un miroir. Selon l’orientation de celui-ci, on prononce « garri » [rat] ou « babau » [crapaud].
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Nous notons aussi le décalage entre les deux versions du vers 29 des pages 58 et 59 : « la mar monta a la chut-chut, monta e cascalha » / « la mer monte peu à peu et murmure » (58 - 59, v. 29). Non seulement un « cascalh » est plus qu’un « murmure ». Même s’il peut avoir ce sens selon Mistral (TDF), il a un grand nombre d’autres significations possibles. Citons-en quelques-unes, selon la même source : « cliquetis, bruissement, murmure de l’eau qui passe dans les galets… », cette dernière acception étant parfaitement adaptée au contexte où Roland Pécout emploie le mot.
Dans Mastrabelè les jeux d’ombre(s) et de lumière sont essentiels, suscités par le site, situé sur un promontoire, par les visions estivales qui semblent dominer les tableaux composés, mais aussi, plus symboliquement, par ces sentiments et sensations changeant au fil des pages et des évocations.
Pour traduire le mot français « ombre », l’occitan connaît « ombra » et « ombrina » qui, selon le TDF, signifie « ombre portée, ombre d’une personne ou d’un objet », « ombra » signifiant simplement « ombre » quand il n’a pas un sens métaphorique de « fantôme ». Roland Pécout utilise les deux termes dans Mastrabelè, sans que l’on puisse vraiment déceler une différence sémantique entre ces emplois. Nous proposons deux extraits où il réitère l’un de ces termes (« ombra » ou « ombrina »). Voici d’abord un exemple, extrait du fragment IV, où le mot « ombra » / « ombre » est répété deux fois, dans une vision symétrique comme Pécout les aime, où les contraires (le haut et le bas) se répondent, comme le cyprès correspond symboliquement au puits, les deux étant réunis par l’idée de l’ombre qu’ils représentent l’un et l’autre :
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Dins la ciutat escarnada, |
Dans la cité décharnée, |
Dans le fragment VIII, c’est le mot « ombrina » qui est repris quatre fois, à des places stratégiques dans le vers : en début ou en fin de fragment
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« L’òme es la pagela de totei causas » ombrina inagantabla, moventa, P. 34 - 35, v. 1 – 7 ; v. 23- 31 |
« L’homme est la mesure de toutes choses » une ombre insaisissable, mouvante… p. 34 - 35, v. 1 – 7 ; v. 23- 31 |
Quelle hypothèse formuler sur ce choix du mot « ombrina » ? Notons d’abord la recherche de cohérence et d’échos à l’intérieur du fragment, présente en français comme en occitan. Sans doute le choix d’un terme plus long que permet le doublet occitan (trois syllabes dont une atone pour « ombrina » au lieu de deux dont une atone pour « ombra », met-il en valeur les deux vers où le mot apparaît isolé. Il nous semble aussi que ce suffixe -ina induit dans le terme « ombrina » une sensation de flou et d’imprécision dans la continuité tout à fait caractéristique de l’atmosphère que Pécout a su créer dans son ouvrage : entre réalité matérielle, entre notations sensorielles et impressions oniriques.
Le jeu sur les signifiants
Comme dans l’exemple que nous avons pris au début de cette recherche, c’est surtout dans le texte occitan que ce jeu est présent. Examinons un autre cas : en pages 76-779, le jeu sémantique et sonore sur les composés de « pèu » [peau] et « pelha » [chiffon, guenille] qui s’impose dans la version occitane (Espelhada, espelhandrada, pèu, pelanha) est absent de la version française où ne subsiste que le mot « peau » :
Espelhada e espelhandrada la cresença, lo poiridier de sa pèu, sa pelanha de bèstia tuada sus l’esquina, s’estrifa a travers dei bartàs
Une fois dépecé le rêve et étalée sa peau, son odeur de bête pourrissante sur les épaules se déchire de buisson en buisson.
Dans ce qui suit, la version occitane profite des jeux de sonorités entre « vent » et « ven », encore enrichis par « se’n », répété à deux reprises. Ces échos donnent une présence sensuelle au mouvement lent du bateau, à son glissement de l’étang à la mer, alors qu’il traverse la ville de Martigues, vision onirique s’il en est et que l’on peut pourtant observer sur place…
Lo batèu es dins lo vent. Se’n ven de l’estanc, se’n va a la mar. Coma o fan cada jorn, lei gènts lo regardan avançar entre leis ostaus. Plan planeta, la nau cargada se’n va a la mar.
Le bateau est dans le vent. Il vient de l’étang, il va vers la mer. Comme chaque jour, les gens attendent et le regardent avancer entre les maisons. Lentement le cargo s’en va à la mer.
Les jeux sur la morphologie occitane
On le sait, une des particularités de l’occitan, très rare en français, est la richesse expressive des possibilités de suffixation. Roland Pécout ne se prive pas de cet usage dont nous allons voir quelques exemples
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Le suffixe fréquentatif -ejar : Il est d’un emploi fréquent en occitan et disponible pratiquement à l’infini. Il permet d’exprimer à la fois une action qui se prolonge, ou qui se répète.
Ainsi en est-il dans le fragment VI, p. 28 et 29, ligne 14) : Flotejan / nagent entre deux eaux. Dans le verbe « Flotejan », la seule présence de ce suffixe ajoutée à la racine « flotar » (flotter), suggère un mouvement esquissé que le poète traduit par l’expression « nagent entre deux eaux ».
« Lo calelhejar pivelaire es sa marca. » / « Sa marque, c’est l'ombre qui tremble dans le soleil » photo M. Laupies.
Dans le vers 21 du fragment II (p. 12-13), l’occitan « Lo calelhejar pivelaire es sa marca. » correspond au français « Sa marque, c’est l'ombre qui tremble dans le soleil. ». Indépendamment de la double omission, dans la version française, de l’idée de fascination portée par l’adjectif « pivelaire » et de la présence du soleil, le suffixe -ejar appliqué au verbe « calelhar » que le TDF traduit par « luire comme une lampe, briller, scintiller » rend bien cette impression de luminosité intermittente que l’on éprouve lorsque le vent agite les branches entre l’observateur et le soleil. Impression qu’il me souvient d’avoir suggérée au vidéaste lorsque nous avons tourné un reportage sur le site de Saint-Blaise en présence de Roland Pécout, destiné au site de l’Université ouverte des Humanités10. Nous avions cherché et trouvé cette image mouvante de la lumière solaire entre les branches agitées par le vent…
À la dernière page du livre, Pécout traduit le verbe « risolejar », qui suppose un sourire appuyé, par le simple verbe « rire » sans compenser par un autre procédé d’écriture la perte de sens : Mastrabelè risoleja / Mastrabelè rit (p. 77, 2ème §, l.15)
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L’augmentatif -às / assa – souvent à valeur péjorative – et le diminutif -et / eta – souvent à valeur hypocoristique, procédés, pourtant très productifs en occitan, sont étonnamment rares dans Mastrabelè.
Dans le fragment VI, l’adjectif « Moligassa » (p. 29 v. 3) est simplement traduit par « molle » (p. 28), alors que l’expression « plan-planeta » (l. 11) est rendue sobrement par « Lentement ».
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Dans le même fragment VI, p. 26-27, à partir du mot « peira », l’écrivain dorme tour à tour les composés « empeiradas » et « desempèira ».
La version française conserve une seule fois l’idée de pierre, « empeiradas » devenant « transformées en pierres » :
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Aviás crenta un pauc |
Tu avais un peu peur |
L’idée disparaît dans le deuxième fragment :
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Aviás agut crentat que foguèsson Medusa |
Tu avais craint qu'elles ne soient Méduses |
L’intérêt de la version occitane est d’établir une plus grande continuité phonétique et sémantique entre les termes « empeiradas » e « desempeira » du même fragment, mais aussi une continuité entre « lei vesions » – autrement dit ces figures inquiétantes de méduses – et le visage de l’être qui leur est confronté.
Roland Pécout poète entre les langues
Il est des écrivains occitans, surtout parmi les générations qui ont dû s’approprier – ou se réapproprier – leur langue et dont on sent que le français est leur langue première, sa trace étant évidente à travers leurs textes occitans. Il en est d’autres – l’exemple le plus souvent cité est Mistral – dont on plaint sincèrement les lecteurs qui ne peuvent accéder qu’à la seule version française qui accompagne le texte occitan.
S’agissant de Roland Pécout, une lecture attentive d’une œuvre conçue et revendiquée comme écrite en deux langues révèle un talent égal d’écriture dans l’une et l’autre de ces langues.
Pour ce qui est de Mastrabelè, l’exercice que nous avons tenté, consistant à traduire de façon littérale en français un extrait de l’œuvre, pourrait être appliqué à tout le poème. Nul doute que nous aurions un troisième texte, essayant de traduire le plus exactement – et le plus humblement – possible la version occitane.
En effet le cas des œuvres bilingues de Roland Pécout, que nous évoquons à l’occasion du présent dossier de Plumas, permet de vérifier ce que nous avons toujours entendu dire de la part de l’écrivain : cette opportunité de maîtriser les capacités particulières d’expression de l’une et l’autre langue permet d’enrichir le sens par un troisième « texte » que l’on pourrait constituer virtuellement à partir de l’addition des deux premiers. C’est ce que nous avons tenté de montrer à travers quelques exemples qui n’épuisent aucunement le sujet. Nous espérons surtout avoir ainsi donné à nos lecteurs le désir de relire cette œuvre.



